L’un de mes amis se dit libertin; libre à lui, du moment qu’il y trouve son bonheur, respecte l’autre et ne blesse personne. Néanmoins, par souci d’anonymat, je l’appellerai Rocco.
De temps à autre, comme tout un chacun, il arrive que Rocco essuie quelque refus, parfois un peu sec – mieux vaut être direct dans tous les cas, de la part d’un élément féminin. Il se plaint du refus, soit. Il se plaint de la sécheresse, clamant que sa tentative de séduction n’est pas lourde et qu’il est inutile de lui répondre aussi rugueusement; soit, ce n’est pas le sujet. Ce qui me titille dans son discours par la suite, c’est qu’il essaye de justifier son libertinage et de critiquer l’envie de monogamie/andrie des autres, ou même le semi-libertinage. Pour lui, le besoin de monogamie/andrie est occidental et purement culturel: dans d’autres contrées, le libertinage est accepté sans heurts (Il en vient à parler des Africaines si ouvertes).
Ce que Rocco n’a pas l’air de comprendre, c’est que les habitudes sexuelles ne sont peut-être pas seulement culturelles, et même si elles le sont, qu’est-ce que cela change? Elles sont peut-être aussi instinctives. Le libertinage est vecteur de maladies diverses, ne l’oublions pas, et ce, même avec préservatif. Il y a peut-être également d’autres raisons à la volonté de monogamie de certains peuples. Pourquoi se limiter au culturel? Il s’agit peut-être, pourquoi pas, de géographie, de climat, de gènes, ou que sais-je? Et même, le culturel est-il un mal? Il fait notre particularité aussi, parfois.
Tant que rien ne sera venu corroborer ses dires, je ne voudrai pas m’engager dans une argumentation vaine. De toute manière, il est inutile de tenter d’imposer un avis/jugement quelconque dans le domaine sexuel-affectif, et l’aspect naturel ne peut pas toujours forcément entrer en ligne de compte (Les animaux couchent entre frères et soeurs, pas l’humain – Et pour répondre à ce type de raisonnement, la loutre est un animal fidèle toute sa vie; il y a d’autres aspects naturels dans la sexualité, à lire ici, par exemple, vis-à-vis desquels certains aimeront garder l’aspect humain). Merci de ne pas voir par là un argument contre l’homosexualité, ce n’est pas le cas.
Aucune argumentation, donc, ne raisonnera quoi que ce soit en ce domaine, c’est connu, et le libertin devrait être le premier à le savoir puisqu’il prône le laisser-aller de ses pulsions. Si son argumentation lui convient, voire l’arrange, tant mieux pour lui, mais elle n’appartient qu’à lui seul. A Chacun de choisir la solution qui lui convient, selon sa personnalité, sa culture, ses convictions, et rien ne peut empêcher cela, et rien n’est à condamner, pas même l’expérimentation de l’une ou l’autre solution. Essayer de persuader l’autre que sa méthode, sa façon de vivre est la meilleure et devrait convenir à tous, est vraiment très orgueilleux car il faut supposer pour cela que l’infinité des déterminants, rarement tous connus ont été pris en compte et analysés. Critiquer la façon de vivre de l’autre l’est encore plus, car les déterminants sont différents. Désolée pour l’ego de celui ou celle qui se voit refuser le corps de certain(e)s donc, ce n’est pas toujours une question d’étroitesse d’esprit, ça peut être aussi une question de goût.
princess klopobek