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Amitiés virtuelles

Mercredi 5 mars 2003, 0:17

Comme la plupart des internautes vivant aussi bien d’amitiés rencontrées par le biais du net que d’amitiés rencontrées en toute autre occasion, j’ai été confrontée aux questions et affirmations suivantes: « Mais comment peux-tu estimer que ce sont des amis? Tu ne les connais pas, ils peuvent se faire passer pour ce qu’ils veulent; le net est un véritable nid à détraqués; moi je ne pourrais pas avoir des amis sans jamais les rencontrer ou voir qui ils sont réellement etc etc ».

Soit. N’ayant pu m’expliquer correctement vis-à-vis de ces mots vu l’état d’étonnement que ceux-ci avaient suscité en moi, et étant donné que je m’exprime mieux par écrit que par l’orifice qui me sert avant tout à manger des pâtes et du chocolat, je réponds ici.

Bien entendu, je ne connais pas du tout la personne au départ, mais finalement, je ne la connais pas moins qu’une personne abordée dans un café ou pire, dans un dîner, où on me la présente en lui collant directement une étiquette sociale.

Au début, un dialogue s’amorce timidement, de manière assez anonyme. Il n’est pas plus difficile de percevoir rapidement s’il s’agit d’un(e) « détraqué(e) » dans une conversation msn ou irc que lors d’une rencontre dite « normale ».

Je veux dire par là que c’est tout aussi simple. Ou pas. Une personne perverse, par définition, détournera les choses de leur sens premier, dont avant tout son image elle-même, que ce soit dans le quotidien ou derrière un écran. Il s’agit juste d’avoir l’oeil. Les gens du net sont des gens comme les autres, des humains qui vivent comme les autres humains (à part plus isolément peut-être? Puis même, au cas où, comment une personne peut-elle se donner le droit critiquer le style de vie d’une autre parce que celui-ci n’est pas le même que le sien?) et pas de simples interlocuteurs. Il y a autant de tarés dans le monde réel que dans le world wide web, puisque ce sont les mêmes gens .

Une conversation s’entame donc. Au fur et à mesure on commence à se rendre compte que l’absence de possibilité de jugement du « non-verbal » permet au « verbal » de prendre de l’expansion: la profondeur de la conversation s’amplifie, l’on aborde doucement des thèmes plus personnels. Parfois pas. Le contact reste parfois du domaine de la simple connaissance, comme dans « la vraie vie ». Quand l’intimité amicale prend forme, cela devient rassurant; la confiance s’installe délicatement. L’ami internaute est chez moi plus ou moins tous les jours mais sans être chez moi pourtant, je ne me sens pas guindée; nous commençons à connaître mieux nos états d’âme.

Au bout d’un moment, que ce soit avec un début de sentiment amoureux ou en toute amitié, on en arrive à ressentir l’envie de se voir, parce que les conversations écrites commencent à sembler légèrement frustrantes. Evidemment, il est infiniment plus agréable au bout d’un moment de papoter de visu devant un verre que devant un écran, sur ce point je suis d’accord.

Lors des premières rencontres, on se rend compte que l’ami internaute est tel qu’on le pensait. Ou pas. Ces rencontres sont souvent décisives.

Puis on revient sur le net et on continue à discuter; on remarque que rien n’a changé dans la discussion depuis la rencontre. Ou pas: j’ai aussi entendu parler de très grandes déceptions, de fuites et/ou de regrets après les premiers visus. Rien n’est parfait: qui n’a jamais perdu un ami pour une raison ou une autre, laissant juste une trace amère?

Puis on décide de se revoir, puis encore puis encore. Il est finalement plus facile de se donner rendez-vous puisque l’on se côtoie pratiquement tout le temps. Et on constate finalement avec étonnement que l’on voit plus souvent son ami cybernétique qui vit à 70 kilomètres que son ami d’enfance qui habite pourtant à deux pas.

L’amitié virtuelle n’est pas nécessairement plus ou moins profonde qu’une autre amitié. Elle est simplement plus régulière; et la connaissance de l’autre est appréhendée différemment puisque l’on se dévoile différemment: il y a des thèmes que l’on ose aborder sur le net et que l’on n’aborde jamais dans la vie, et vice versa.

princess klopobek

Commentaires


Sont bizzare ces z’Humain Comme Meme!!!




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Tu as reussi à ecrire en quelques lignes, ce que je n’ai même pas essayer d’expliquer à mes amis de la VRAIE VIE ;)
Chapeau !!! Je suis d’accord avec toi à 200%
wil




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I totally agree with you, princess.

Could be nice to meet you IRL…




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En lisant ce post je me suis dit « voila exactement ce que j’essaye de formuler », j’ai même eu envie de le noter sur un bout de papier pour toujours avoir sous la main une explication claire à fournir a mes vrais amis de la « vraie vie » quand ils me regardent avec des yeux pleins d’incompréhension…
Enfin je respecte le droit d’auteur et promi je donnerai ma source.




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Chapeau !




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j’ai beau réfléchir, je ne vois pas lequel des internautes que je fréquente habite à 70 km ?!




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Question de Mr Turing de Cambridge: Comment peut on savoir que le prétendu ami n’est pas un ordinateur programmé pour la discussion?




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clap! clap! clap! c’est si bien ECRIT qu’il n’y a rien à rajouter.




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irl ou irc je n’ai pas d’amis.
d’ailleurs je ne vais pas sur irc.je devrais.ou pas :)




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ouais puteing c’est trop vrai




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Vraiment bien formulé.

Demain je prend des cours de litératures…euh non, je vais commencer doucement par ma grammaire, je retourne aux études… nan ya pire… bon d’accord je retourne en primaire pour mon hortographe….plus bas je peu pas.




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Bah oui ! T’as raison, on peut rire et pleurer sur le net, comme dans la vraie vie. Seulement, même si on se confie plus vite, on s’engage moins. C’est une sorte de préliminaire le web, et on peut l’étirer presque à volonté…




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Oui tout à fait.

En ce qui concerne les déceptions, j’avait refléchis un peu là dessus.
Il est plus facile de projeter son fantasme sur un individu sans visage, qu’a une personne réelement en face de nous.
Lors de la rencontre réelle , on se rend compte que la personne à son identité propre, qu’elle ne correspond pas à l’image qu’on s’est representé, malgré tout les mots enchangés.

Nicolas




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On remarque aussi parfois des personnes qui développent des idées intéressantes mais aucunement dans la vie de tous les jours; on est tous un peu schizoïdes, certains plus que d’autres.




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Non, y a pas plus de malades sur internet que dans la vie. Mais c’est vrai que je tchatte pas (ca fait mal au nez et le docteur veut pas m’enlever ma camisole, il dit que je vais prendre froid. Mais moi je préferrais attraper un rhume plutot que de saigner du nez parce que je tape trop fort, parce qu’après ca fait des petits court circuits entre les touches, c’est pas grave j’ai l’habitude des électrochocs mais ca chatouille mes narines et alors j’éternue et mon écran se met à saigner et je sais plus lire ce que je pensais)




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C’est exactement ce que j’essaie de faire comprendre au caramel dont je parle dans mon dernier post : les gens du net sont les mêmes que les gens réels !!




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