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Archives mensuelles : janvier 2010

Coach Potato

Je suis actuellement une formation. Dans cette formation, il y a un coach en entreprise. En gros, il résumait les relations professionnelles à quatre mots: Assertivité, agressivité, manipulation, passivité; seule l’assertivité étant une bonne chose évidemment. Soit. Or, pour moi, la manipulation n’est pas forcément quelque chose de négatif. J’explique:

Pour moi, dès qu’on communique, on manipule, quelque part.

Définition de « manipulation » selon le larousse: « Action d’orienter la conduite de quelqu’un, d’un groupe dans le sens qu’on désire et sans qu’ils s’en rendent compte ».
Aucune connotation négative, donc, dans cette définition, mais la plupart y trouvent du négatif parce que cela se passe à leur insu et qu’ils aiment bien avoir l’impression de tout contrôler. Or, la plupart des choses se passent à notre insu me semble-t-il: l’inné, l’acquis, l’influence de l’environnement, tout ça.. La manipulation mentale peut néanmoins, en effet, être détournée à des fins plus ou moins perverses, mais ce n’est pas toujours le cas.

Dans wikipedia, elle est entre autres expliquée comme ceci:
« Certaines formes de manipulations pourraient être altruistes, mais la notion de manipulation mentale est généralement négativement connotée, évoquant les manipulateurs aux comportements égoïstes ou malveillants. »

De même:
« La question de l’influence sur autrui n’est pas tranchée. Certains psychologues estiment qu’on peut « influencer avec intégrité » dans les relations familiales ou commerciales, c’est-à-dire non aux dépens d’autrui, mais pour améliorer les relations sociales et inter-personnelles (l’éducation, la psychologie de la motivation relèveraient de cette catégorie de manipulation). »
(NDLR: Hauts cris de mon coach quand j’ai comparé manipulation et conditionnement à enseignement et éducation)

Et encore:
« D’une certaine manière, la manipulation est très fréquente dans les sociétés, démocratiques ou non, dans le cadre professionnel, conjugal ou familial, car dès qu’il y a mensonge, omission ou déformation volontaire de la vérité, nous sommes en présence de tentatives de manipulation. On qualifie d’ailleurs parfois de manipulatrices des personnes qui montrent simplement une inhabituelle aptitude à convaincre, sans avoir pour autant des objectifs malveillants ou égoïstes.  »
Ici, on parle de simple omission ou déformation; or, quand on argumente, quand on parle, quand on communique, on a souvent tendance à omettre pour ne garder que les arguments en la faveur de notre idée.

Enfin, les pensées sont à mon sens rarement dénuées d’arrière-pensée: on dit ou fait rarement quelque chose dans un seul but, mais bien dans plusieurs, conscients ou pas: il y a quasiment toujours une partie minime un tant soit peu intéressée, qu’on le veuille ou pas: parler pour émettre une idée, mais aussi « séduire » (au sens large), ou attirer l’attention, ou se mettre quelque peu en avant, ou montrer ses connaissances ou que sais-je, c’est vaste, le tout sur un ton particulier bien choisi; réconforter quelqu’un est altruiste, mais peut aussi être gratifiant pour soi-même, etc. Rien de réprochable dans ceci pourtant, car involontaire, on a juste besoin d’une certaine reconnaissance, et dans l’inconscient, l’ego occupe une place de choix.

Quant à la théorie du harcèlement moral de ce même coach en entreprise qui, faut-il le dire, travaille en indépendant, brrr, j’espère ne jamais avoir un boss qui aura été coaché dans le même esprit:
Pour résumer, la victime du harcèlement serait responsable à 50% de celui-ci puisqu’elle l’a laissé apparaître, l’a laissé faire au lieu de l’éviter; la victime a pris les choses comme étant de l’agressivité par choix, libre à elle de choisir une autre interprétation, ou de laisser couler. Du 50/50, donc. Et donc, on remet une couche de culpabilité supplémentaire à la couche déjà présente.

Bien sûr, quand on nous tire dessus, on peut éviter les balles, il y a des techniques et des boucliers pour ça; le seul souci étant qu’on ne les connaît pas nécessairement tous, qu’on n’a pas toujours de kevlar sur soi tous les jours (Etrange de devoir en porter pour aller bosser dans un bureau d’ailleurs) et qu’on ne s’attend pas forcément à se faire tirer dessus dans le dos, ou plutôt, dans la tête (zone non-protégée) par une balle à tête chercheuse. Le harcèlement étant par définition tourné de manière très perverse et ambigüe, parfois même inconsciente, et apparaissant de manière sournoise et insidieuse.

Révulsée je suis.

princess klopobek

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