Deux ans que ça dure: les travaux devaient se terminer en septembre, la date a été remise en février, et maintenant on ne sait pas mais « ils en sont aux finitions ». Cette putréfaction d’obèse à la voix de fausset se fout de moi, ses ouvriers se foutent de lui: ah ça, il a été surpris, quand il a appris qu’ils venaient quand même bosser le dimanche malgré son interdiction. Encore un de ces types qui porte sur lui le symbole du méprisable absolu.
N’empêche, avec un vague espoir, je l’ai appelé pour lui demander diplomatiquement de contraindre ses ouvriers à ne pas faire de bruit pendant mes 15 jours de congé du mois de juin. Il verra ce qu’il peut faire.
- « Vous savez, je deviens dingue. Vous me rendez dingue. Et quand ce n’est pas vous, ce sont les bruits de pas du dessus, mais eux, ils n’y peuvent rien. Il y a deux ans, je n’avais pas de voisins, c’était calme ici. J’étais une jeune fille douce, adorable, sympathique et sans soucis (Huhu); vous êtes en train de faire de moi un monstre malade et névrosé, paradoxal de la part d’un médecin. Il paraît que l’imagination humaine n’a pas de limites en ce qui concerne le domaine des tortures, sachez donc que je suis en train de songer aux pires mesquineries à vous imposer durant les deux années à venir. Vous auriez probablement dû mieux insonoriser vos murs, vos consultations et vos nuits risquent d’être pour le moins épuisantes. »
Je n’ai pas de budget pour un déménagement. Ma liste se confine donc à enjouer sa vie musicalement, utiliser le seuil de sa porte comme dévidoir à huile de frites usagée (Je suis prête à coucher avec un marchand de frites s’il le faut) et passer une caméra à fibres optiques à travers le mur dans sa salle de consultation pour diffuser les images sur le net (Il est urologue, ça peut être marrant). Gnahahaha. Réveille le monstre qui est en toi.
princess klopobek


