Toujours aussi étrange quand la prise de conscience que l’être humain est … un être et rien d’autre, s’intercale dans les pensées, lorsqu’on est au milieu de la foule (ou devant sa glace, mais j’évite); on pense à tout et rien en regardant passer “les gens”, puis on se met à observer leur visage, puisque celui-ci est à hauteur.
Ennui profond d’abord: tous semblables, deux yeux, un nez, une bouche, des joues, un front, un menton, des cheveux, des oreilles. Et au fur et à mesure, quand ils passent suffisamment vite, c’est comme un principe de comparaison qui s’insinue; les yeux de l’un paraissent trop rapprochés par rapport à ceux de l’autre, le menton, trop proéminent, le nez ressemble à un groin et tout paraît difforme, à force. C’est à la fois monotone et en même temps on ne peut s’empêcher de regarder, de s’amuser à s’horrifier intérieurement. Puis on observe leurs attitudes, leur façon de se tenir, et rebelote. Ca gigote, ça gesticule, chaque démarche est différente, et on y lit presque les traumatismes de chacun dûs à l’obligation quotidienne de se débattre tant bien que mal, de gré ou de force, pour survivre.
Mrrrr. Le pompon, c’est quand ils mangent. Là, on voit vraiment la chose en pleine action; on ne voit plus que ça, et c’est pire encore quand ils mangent goulûment, salement ou en faisant du bruit. Une bouchée, puis l’autre, puis encore une, à un rythme lent pour les douillettes superficielles, en faisant un de ces gestes appris pour éliminer la miette sur le col (Mais on sait que tout ce que tu veux c’est rassasier ton estomac, finalement), à un rythme rapide pour les goinfres sans scrupules. En fait, ce ne sont que des organismes, des tubes digestifs destinés à se reproduire, encore plus.
Le tout c’est de pouvoir oublier tout ça, maintenant que je peux dire adieu aux transports en commun. YAHAHAHAAAAAAAAAA.











