Ah, Maryse. Ta tête d’ogive, ton oeil alerte, ton corps sculptural, voire pyramidal… Toujours aux aguets du petit potin, tes oreilles ne te trompent jamais. L’oeil éveillé, au léger mais adorable renflement sans doute dû à une petite hyperthyroïdie mal soignée, du haut de ta sagesse ancienne, tu es vive conseillère. Noble pucelle, entends-tu des voix? A qui parles-tu à longueur de journée? Seule, assise dans un bureau à quelques portes du tien, je t’entends, ne le nie pas.
Je me rappelle encore en souriant notre première rencontre. Moi, jeune débutante timide et esseulée, tu m’avais si vivement abordée, alors que tu ne me connaissais même pas: “Mais tu te rends compte, ils ont payé le cadeau de naissance de la fille de Monsieur H. avec l’argent de la société, c’est effarant!”. Et puis tu as continué ta route, fière et gaillarde sur ton cheval de justice, me laissant, pauvre âme errante, au milieu du chemin. Mais par cette étrange parabole, tu m’as tout de suite donné l’espoir d’une route qui s’ouvrait devant moi, un surprenant sentiment d’intégration dans ce monde hostile des bureaux (Même si je ne savais pas qui tu étais, et encore moins qui était Monsieur H.).
Ah! Maryse! Batailleuse de tous bords! Militante de la survivance du sapin de Noël, de la fête des secrétaires et de la chandeleur en entreprise! Tes intérêts ne sont pas miens, mais après tout, n’aurais-tu pas raison? Ne devrais-je pas, moi aussi, faire évoluer mes questionnements dans ce sens, plutôt que sur le sens de la vie?











