(raflaflaflaflaflaflafla) Telle le Beaujolais Nouveau, tout le monde l’attendait avec impatience, on commençait même à l’appeler l’arlésienne, en vérité, la voici maintenant: la rrrréponssse au schmilblick est enfin arrivée et il reste juste à espérer qu’elle n’aura pas le même effet que cette épouvantable vinasse. Mais peu importe. Ainsi, je félicite Un Homme et plus1 de leur perspicacité complémentaire.
Voilà qu’il y a quelques jours, remarquant que sur mes étagères s’était formé un lit de poussières, miettes et autres grains de riz parfaitement dignes d’accueillir deux ou trois familles de bestioles en tout genre pour l’hiver je me décide à procéder au nettoyage de mes armoires de cuisine (Je pense que c’est la première fois que je le fais à fond en trois ans - Où sont les femmes?).
Je vide, passe un coup d’éponge (à gratter, parce que trois ans de cuisine font un peu coller le tout), nettoie, essuie. En ôtant mes bouteilles de condiments, j’en profite pour regarder les dates de péremption, tout paraît correct sauf l’huile de noix à moitié pleine et l’huile de noyaux d’abricots dont je ne me suis servie qu’une fois, je ne sais même plus pour quoi. C’est ainsi que vient le tour (raflaflaflafla) du vinaigre de Xérès. La date m’a l’air parfaitement OK, j’ai encore de la marge.

Mais en l’observant de plus près, je sens alors un petit frisson d’effroi parcourir mon dos; le petit frisson qu’on ressent quand on a pété les lunettes de papa alors qu’on jouait avec, celui qui arrive quand on a oublié de se réveiller pour aller au boulot alors que quinze clients connaissent le numéro du boss, celui qui vient quand arrive la fin du mois (celle qui commence à partir du 5) alors qu’on a dépensé tout son salaire et ses économies dans un écran pc Sony 19 pouces, un clavier sans fil, une carte graphique, un pouf (mais quel pouf), une machine lavante-séchante, un tapis en bambou, des coussins bizarroïdes mais tellement jolis, des loupiotes de toutes sortes, des rideaux, un resto périgourdin, bref que des truc essentiels: voilà donc ces fameux frissons, lorsque je tombe nez-à-nez sur ceci (C’est là que l’on peut se dire que Kek n’était pas loin de la réponse, finalement)


Ma cuisine abritait l’un de ces êtres venus directement de la planète Pétunia pour conquérir la Terre. Regardez-le, cette bouche immense, ce regard absent, c’est encore pire quand l’ennemi ne vous regarde pas, on a l’impression d’être observé depuis le néant, ce monstre ne demandait qu’à grandir encore un peu dans son liquide acétimniotique avant de passer à l’action. Terrifiée, je vérifie immédiatement mon vinaigre balsamique de 40 ans d’âge: ouf, rien de ce côté-là, nom de dieu, au prix où je l’ai payé, je crois que je me serais suicidée à l’air pur (A moins que la Chose ne se soit déjà échappée?). Non, ce que cette bête aime, c’était le Xérès de marque GB, conditionnement essentiel à sa croissance probablement. Ni une ni deux, je prends alors mon courage à deux mains pour procéder à l’avortement et (raflaflaetc.) voici ce qui en sort.

Cela ressemble bel et bien à un énorme ovule, ou un parasite quelconque. Mort. La mâchoire arrachée. Je le titille avec un cure-dents, il ne respire plus. Je contemple ma victime un long moment, essayant d’en deviner l’essence (qui, ma foi, pue), je finis presque par la trouver belle. L’envie d’aller faire des pieds et des mains pour un remboursement de mon vinaigre ne m’effleure même pas l’esprit.

Je crois que c’est un champignon. Un antipasto auto-généré.











