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Archives mensuelles : novembre 2004

De l’emploi et de l’usure

Le plus effrayant lorsqu’on commence un nouveau job, c’est, à chaque geste, chaque attitude, presque chaque clignement d’oeil, de se rendre compte le jour où on les fait pour la première fois qu’il feront partie des rituels quotidiens, du moment où l’on se lève au moment où l’on rentre, parfois même au moment où l’on se couche.

Ca y est, je fais partie de la masse navetteuse, pour cinq mois.

princess klopobek

Publié dans petites considérations | 8 commentaires

La réponse la réponse la réponse

(raflaflaflaflaflaflafla) Telle le Beaujolais Nouveau, tout le monde l’attendait avec impatience, on commençait même à l’appeler l’arlésienne, en vérité, la voici maintenant: la rrrréponssse au schmilblick est enfin arrivée et il reste juste à espérer qu’elle n’aura pas le même effet que cette épouvantable vinasse. Mais peu importe. Ainsi, je félicite Un Homme et plus1 de leur perspicacité complémentaire.

Voilà qu’il y a quelques jours, remarquant que sur mes étagères s’était formé un lit de poussières, miettes et autres grains de riz parfaitement dignes d’accueillir deux ou trois familles de bestioles en tout genre pour l’hiver je me décide à procéder au nettoyage de mes armoires de cuisine (Je pense que c’est la première fois que je le fais à fond en trois ans – Où sont les femmes?).

Je vide, passe un coup d’éponge (à gratter, parce que trois ans de cuisine font un peu coller le tout), nettoie, essuie. En ôtant mes bouteilles de condiments, j’en profite pour regarder les dates de péremption, tout paraît correct sauf l’huile de noix à moitié pleine et l’huile de noyaux d’abricots dont je ne me suis servie qu’une fois, je ne sais même plus pour quoi. C’est ainsi que vient le tour (raflaflaflafla) du vinaigre de Xérès. La date m’a l’air parfaitement OK, j’ai encore de la marge.

Mais en l’observant de plus près, je sens alors un petit frisson d’effroi parcourir mon dos; le petit frisson qu’on ressent quand on a pété les lunettes de papa alors qu’on jouait avec, celui qui arrive quand on a oublié de se réveiller pour aller au boulot alors que quinze clients connaissent le numéro du boss, celui qui vient quand arrive la fin du mois (celle qui commence à partir du 5) alors qu’on a dépensé tout son salaire et ses économies dans un écran pc Sony 19 pouces, un clavier sans fil, une carte graphique, un pouf (mais quel pouf), une machine lavante-séchante, un tapis en bambou, des coussins bizarroïdes mais tellement jolis, des loupiotes de toutes sortes, des rideaux, un resto périgourdin, bref que des truc essentiels: voilà donc ces fameux frissons, lorsque je tombe nez-à-nez sur ceci (C’est là que l’on peut se dire que Kek n’était pas loin de la réponse, finalement)

 

Ma cuisine abritait l’un de ces êtres venus directement de la planète Pétunia pour conquérir la Terre. Regardez-le, cette bouche immense, ce regard absent, c’est encore pire quand l’ennemi ne vous regarde pas, on a l’impression d’être observé depuis le néant, ce monstre ne demandait qu’à grandir encore un peu dans son liquide acétimniotique avant de passer à l’action. Terrifiée, je vérifie immédiatement mon vinaigre balsamique de 40 ans d’âge: ouf, rien de ce côté-là, nom de dieu, au prix où je l’ai payé, je crois que je me serais suicidée à l’air pur (A moins que la Chose ne se soit déjà échappée?). Non, ce que cette bête aime, c’était le Xérès de marque GB, conditionnement essentiel à sa croissance probablement. Ni une ni deux, je prends alors mon courage à deux mains pour procéder à l’avortement et (raflaflaetc.) voici ce qui en sort.

Cela ressemble bel et bien à un énorme ovule, ou un parasite quelconque. Mort. La mâchoire arrachée. Je le titille avec un cure-dents, il ne respire plus. Je contemple ma victime un long moment, essayant d’en deviner l’essence (qui, ma foi, pue), je finis presque par la trouver belle. L’envie d’aller faire des pieds et des mains pour un remboursement de mon vinaigre ne m’effleure même pas l’esprit.

Je crois que c’est un champignon. Un antipasto auto-généré.

princess klopobek

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La réponse attendra bien demain soir non?

Parce que là, j’ai envie de faire découvrir (si ce n’est très probablement déjà fait) quelques-uns des blogs que je lis actuellement et qui valent la peine d’y jeter un oeil, voire deux, voire même une bonne partie de la cervelle: Flipflap, merveille de dérision et de surréalisme, Cali, aux dessins tellement suaves qu’elle m’énerve nom de dieu elle m’énerve, Pando, subtile designeuse à l’humour qui fait tressauter mes fesses de rire, et ça c’est un exploit, et bien entendu, l’éternelle, attachante et inénarrable Nacara.

princess klopobek

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Schmilblick

Allez, un petit jeu: à votre avis, qu’est-ce que c’est?

princess klopobek

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Théorème automobile

Plus une voiture est dans un sale état, plus les passants nocturnes y contribuent.

Note pour plus tard: Eviter de pousser la nouvelle glace de remplacement du rétroviseur avec le doigt pour vérifier si elle est bien fixée rien qu’avec l’autocollant fourni, elle ne l’est probablement pas: elle est surtout très très fragile lorsqu’elle entre en contact avec le sol.

Note 2: La prochaine fois, trouver une personne servile (à la limite du naïf) pour accepter d’installer ces fichues housses de siège.

Note 3: Qui a pété mon feu arrière droit?

Note 4: Penser à enlever le tuyau de la pompe LPG après remplissage de la bombonne de la voiture par l’embout situé sur le pare-chocs arrière et avant de redémarrer, ceci afin d’éviter l’éjection dudit pare-chocs.

Note 5: Je me demande ce que sont devenues mes plaques volées il y a deux ans.

Note 6: Eviter le dépassement d’autocars dans les tournants, sauf s’il y a possibilité qu’ils soient en tort.

Note 7: Se faire belle pour le contrôle technique.

Note 8: Raté les gars, j’ai réussi à remettre mon essuie-glaces en place.

Note 9: J’aimerais aussi savoir pourquoi vous avez forcé ma portière avant gauche sans rien faire d’autre (La voler, ou que sais-je), vous devez pourtant bien avoir constaté que l’auto-radio avait déjà été volé il y a deux ans par vos confrères et que pour plus de sécurité, j’ai enlevé les baffles. Néanmoins il est vrai que je suis la seule à pouvoir la faire démarrer.

Note 10: Tant que j’y suis, j’aime autant vous dire qu’un tournevis dans un pneu, c’est franchement très con et inutile, surtout quand il s’agit d’une voiture de pauvre. Si vous voulez vous rebeller contre le système, niquez les grosses voitures plutôt, non?

princess klopobek

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Variations autour de l’Ego (2)

Si l’on considère que l’altruisme consiste avant tout à s’occuper des autres, à outrance, ne pourrait-on pas imaginer que le plus altruiste n’est pas celui qui prend (égoïstement?) plaisir à se soucier d’autrui mais bien celui qui se soucie d’autrui et déteste néanmoins cela?

(Déterminant ce post comme un de mes habituels délires extrapolants, ne me sortez pas la définition du dico, je la connais et je l’emmerde)

princess klopobek

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Variations sur le thème de l’ego (1) (Amendement à l’article 1 de la constitution klopolandaise

L?Etat indépendant de Klopoland : Etat de Droit, Démocratique et Egocratique, à Régime Monarchique.

princess klopobek

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Eh ben ça promet (Moi aussi moi aussi je donne mon avis)

NDLA: Ne dites pas « Les Américains sont vraiment cons », dites « 51% des Américains sont vraiment cons »; du moins tant qu’on n’aura pas vu ce dont aurait été capable John Kerry.

princess klopobek

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American Splendor

… Même pas envie de critiquer, juste de vous dire « faut que vous le voyiez », c’est l’histoire d’Harvey Pekar, créateur du blog-BD sur papier. Excellent.

princess klopobek

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Les joies du chômage

Depuis quelques jours, je profite un peu de la société en attendant mon nouvel engagement. J’attendais un peu ce moment avec curiosité et d’appréhension, m’imaginant un peu cela comme un drame solitaire horrible et honteux.
Et là, je suis en plein dedans, et je me sens plutôt comme en vacances officieuses, en stand-by, même pas peur, et je crois que c’est parce que je sais que quelque chose suit tout ça. Je me rends compte que ce n’est pas le statut, mais bien le terme « chômage » qui comporte toutes ces impressions de honte et de terreur que je me faisais: on devrait plutôt appeler ça « période de transition », je suis certaine que cela évoquerait autre chose pour tout le monde et pousserait même à la recherche d’emploi.

A part ça, je me rends compte de plusieurs choses:

- Ce n’est pas parce qu’on a plus de temps pour soi que l’on fait plus de choses: la glandouille entraîne la glandouille, la procrastination des semaines précédentes entraîne l’amnésie (j’en oublie même de noter mes idées de posts), et c’est quand même merveilleusement reposant

- Le sommeil est beaucoup plus calme et réparateur: je pensais me réveiller tous les jours aux alentours de midi comme je le faisais le matin de mes jours de congé, mais au contraire, je me réveille vers 8 ou 9 heures en pleine forme

- Le temps que l’on pourrait consacrer à dépenser son pécule est inversément proportionnel à celui-ci

- C’est dans ce genre de situation que l’on constate que le monde de l’écran prend toute son importance: la culture cinématographique s’étend à la vitesse vv’, la quête de DVD à prêter devient frénétique, le confort « Home cinema » et cocoon se fait ressentir comme un besoin essentiel; la télé manque parfois, mais pas trop quand on a un pc.

- Contrairement à ce que l’on peut croire, un syndicat ne nous défend ni nous protège contre les méandres administratifs de l’état et les employeurs, mais c’est bien à nous de nous défendre contre un syndicat

- Etrangement, la sociabilisation se fait toute seule: je n’ai jamais vu ni parlé avec autant de gens en si peu de temps depuis trois ans; moi, sociopathe innée, me voilà en train de partager Armagnacs et autres alcools locaux du Sud avec un patron de resto périgourdin, papoter avec un chanteur aveugle de ses reprises de Gainsbourg, offrir des bières à de parfaits inconnus, envoyer des sms pour le moins étranges à des gens que je n’ai vu qu’une ou deux fois, et surtout, surtout, recevoir des potes chez moi – oué, j’ai même des potes maintenant – pendant quelques jours, saperlotte il a fallu que je range pour éviter d’avoir à acheter des échasses. Je ne me reconnais plus, ça m’effraie d’ailleurs, j’ai peur de devenir un être social et d’oublier de penser à mes malheurs, à mes réflexions sur le monde impitoyable qui nous entoure et à mes tortures mentales routinières; je ne tilte quasiment plus quand je suis spectatrice d’un comportement ou d’une attitude incohérente de mes contemporains, je m’en fous, laisse couler et continue à siroter mon verre de vin en oubliant, Brrr. Moi qui pensais que le boulot empêchait de penser, je me rends compte que dans mon cas c’est l’inverse qui se produit, et je finis même par apprécier cela. Heureusement, je recommence la semaine prochaine.

princess klopobek

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