Les résistants: l’après-guerre

Mercredi 20 Octobre 2004, 17:31

Ce post de Kek me fait penser qu’il y a peu encore, je tombais nez-à-nez avec deux anciens potes que je n’avais pas revus depuis longtemps, tous deux avec poussettes et porte-bébés; “Ah comment il s’appelle le tien?” “****, et le tien?” “****” “Quel âge?” “Neuf mois, et le tien?” “Six mais c’est une fille” (C’est vrai qu’avec les prénoms actuels il vaut mieux préciser).

Ca a commencé il y a cinq ans environ, tous mes copains se sont accouplés, ont acheté une maison, un chien, une voiture et un ou deux bébés. Moi je me suis contentée de la voiture, du chien et de l’accouplement sporadique, vachement plus utiles et posant beaucoup moins de problèmes que le reste. Mais je suis cernée de toutes parts, et j’ai eu à une époque de plus en plus de mal à ne pas trouver de conversations sans couche-culottes et investissements immobiliers, ou de soirées avec clope se terminant à 4 heures du matin et où les seuls à pouvoir faire du bruit sont les nains, “Baisse la musiiique il essaye de dormir!”, jusqu’à ce qu’ils soient endormis, “Parlez moins fort s’il vous plaît ça réveille le petit!”, en général en même temps que moi. Enfin, je tiens bon, je me retranche souvent dans un bar enfumé avec un pote résistant ou deux on braille à tue-tête toute la nuit.

L’étape suivante c’est les séparations, là j’ai trente ans et ça commence à venir: brusque retour en arrière, les papas et mamans se rendent compte qu’ils ont changé, regrettent un peu les “bons vieux moments de folie”, envient la vie que tu mènes et la stabilité que tu t’es trouvée (toute seule puisque les potes étaient occupés à décaper leur plancher) dans une vie pourtant délirante, viennent te voir deux fois par semaine alors que tu ne les voyais plus que quatre fois par an dont une pour l’anniversaire du gamin, t’appellent à quatre heures du matin pour te demander du réconfort et des conseils sur la manière de vivre seul alors que toi à vingt-deux heures, tu pouvais crever; mais bon, tu les retrouves enfin quand c’est l’autre qui a la garde, et finalement on oublie le reste, c’est ça qui est merveilleux.

Mais après il se passe quoi?

princess klopobek