Où je trouve mon bouquet mystère

Lundi 12 Juillet 2004, 17:34

Je ne le répéterai jamais assez: Un des trucs qui me gonfle entre tous est ce manichéisme ultra-environnant, présent depuis que l’Homme a un cerveau dont il ne sait pas se servir (Mani n’a rien inventé, Jésus-Christ non plus), en montée croissante. L’intolérance c’est mal, les hypocrites sont nuls, les fumeurs sont cons (en général ceux qui clament ceci sont les mêmes que ceux qui prônent la tolérance), les Américains sont débiles, - là je vais en choquer mais c’est pour faire passer le message- les pédophiles sont dégueu (et ton père qui regarde Lorie se trémousser il est comment?), la télé rend con (tu regardes quoi ce soir?), le Bien c’est bien, le Mal c’est mal, etc etc. On croirait entendre des gosses répéter ce que leur on dit leurs parents; c’est bien connu, le peuple est un enfant, la société est sa mère (et pourtant c’est la même chose), les médias sont sa bouche.

Tout autant de généralités tirées de choses à moitié entendues et pourtant déjà déformées par les médias, mais répétées à bloc (c’est ça le conditionnement); un discours face à un peuple se doit d’être simpliste pour la bonne compréhension de tous mais au grand désarroi de la subtilité et de la nuance. Je rage, rien que le fait d’avoir trop entendu de discours sur Fahrenheit 9/11 (le film qui dit que Bush n’a pas une haleine de violette?) m’en a dégoûtée. Le film qu’il faut voir pour être bien vu, et attention, surtout dire que c’est génial, même si on n’a pas été surpris. Oui, c’est génial, on dit enfin ce que tout le monde savait déjà; Juppé et Chirac, à côté de Bush c’est négligeable, Bush c’est le mal personnifié, l’antéchrist, Belzébuth lui-même, en plus il est con, du coup l’Européen moyen se sent flatté (”Ah j’vous l’avais dit”), l’Américain moyen se sent flatté aussi (ben oui, parce qu’il commençait aussi à le penser, en plus, contrairement à Bowling for Columbine, dans ce film on lui répète sans arrêt qu’il est trop intelligent pour voter Bush, tiens on devrait en faire une insulte, espèce de Bush, t’as un W à la place du cerveau, ta mère elle fait du golf en casquette sur les tours du World Trade Center), le cinéma américain est redoré, maintenant c’est sûr Kerry va être élu (on en doutait encore?), tout le monde est content, ils se marièrent et eurent de beaux enfants. J’ai une seule chose à leur dire: fallait pas l’inviter, ça se voyait pourtant, il a une tête de méchant hein; la politique tout comme le reste, et surtout l’émotion, n’est plus qu’une histoire de bande cinématographique, on apprécie un gars parce qu’il fait penser à un héros de film, un autre parce qu’il est aussi comique que Jar-Jar (Ouh qu’il est drôle); et finalement on remarque qu’actuellement même la guerre se passe mieux au travers des médias, on se balance les images d’otages et de prisonniers par brouettes entières (la meilleure manière de soulever le peuple c’est d’entrer directement chez lui), et on finit par confondre fiction et réalité, on cherche où est le gentil où est le méchant et les émotions qui vont avec.

A part ça, le truc en fait, c’est que ceux qui ont toujours besoin d’un démon (les autres) pour personnifier leur propre bête noire, réussiront toujours à le trouver en fonction des circonstances et surtout, en fonction de ce qu’on leur dit; tout est une question de connexions neuronales, d’influençabilité et d’insensibilité à cette putain de poutre dans l’oeil (et dieu sait si ça fait mal). Mes méchants à moi sont et resteront les manichéistes.

princess klopobek