Postant rarement sur des choses personnelles, je considère ceci comme une parenthèse, un post poubelle ultra-rempli où j’ai volontairement oublié d’enlever le vêtement personnel. Il y a quelque temps, je m’exprimais à propos des « amitiés virtuelles », et au bout de plusieurs mois, j’en suis toujours au même avis. Ah oui, la discussion virtuelle est vraiment un échantillon représentatif de ce que l’on peut trouver dans la vie réelle, je n’en démords pas: des gens, des gens, « des gens ». Il en est de bien, il en est des amis, il en est des potes, il en est à qui on ne parle jamais ou très peu. Mais pour les autres nom de dieu, quand vous me demandez de vous insérer dans mes contacts, il vous appartient de l’assumer; vous savez à quoi vous attendre. Si j’accepte quelqu’un dans mes contacts, c’est parce que j’estime qu’il vaudra sans doute la peine d’être plus qu’un simple « contact ». Mais ces personnes qui s’auto-proclament amis et qui n’en montrent même pas le cm2 de l’ombre quand elles le pourraient, ou qui en adoptent l’attitude dans un seul sens, je n’en veux pas. Ces personnes qui ne s’intéressent qu’à leur petite misère, je n’en veux pas. Je ne veux pas de ces personnes qui ouvrent une fenêtre puis qui n’ont rien à dire. Je ne veux pas de ces personnes qui n’offrent qu’une réponse tous les quarts d’heure: on est disponible ou on ne l’est pas, le statut « absent » n’a pas été fait pour le design. Je ne veux pas de ces personnes qui parlent d’elles, attendent une oreille (ici en l’occurrence des yeux pour la lecture), l’ont, puis n’offrent à leur tour qu’un demi-oeil ou pire, la cécité. J’ai passé des putains de moments à écouter votre chienne de vie, j’attends quelque part que, quand pour une fois j’ai envie de raconter la putain de mienne, mes putains de petites baisses de moral, vous fassiez de même. Je n’attends pas de conseils, ni même de solution, je sais que vous ne les avez pas et je suis capable de les trouver seule; en vérité, je n’attends rien de vous, à part un peu de profondeur de temps à autre, avec laquelle vous pourriez au moins tenter de m’aider à passer juste une heure de mouron plutôt qu’une soirée et une nuit entières, avec laquelle vous me donneriez l’impression que mon bien-être vous importe un peu, que l’être que je suis a un minimum d’importance pour vous. C’est à cause de personnes comme vous que je n’exprime plus cette chienne de vie et ces chiennes de pensées dans toute leur grandeur et leur misère, puisque vous me rendez cette impression que toute cette vie n’est qu’ennui et moments inutiles et inintéressants pour vous; c’est à cause de vous que, pour que cela paraisse justement plus intéressant, je dédramatise, tourne tout à la dérision et au cynisme et finalement rien n’est pris au sérieux et tout est mis de côté. Ces moments où j’aimerais pouvoir m’exprimer sur moi intensément et profondément, comme vous le faites sur vous, sont rares, et vous ne les tolérez même pas. Et quand par le plus pur hasard vous décidez de lire cette dérision dramatique que je fais de ma vie, vous n’y accordez pas cette importance qu’elle mérite pourtant: vous êtes aveugles et superficiels. Je vous parle de choses personnelles, vous me répondez par des formules sociales (quand vous me répondez). Les « Fais un tour », « Sors un peu », « Va voir des potes (lesquels? Je croyais que c’était vous) », me font penser aux « Range ta chambre », « Dessine », « Lis » et autres « Occupe-toi » de mes parents. Je sais que je dois sortir, que je dois changer de boulot, que je dois faire ceci ou cela; mais dans des moments pareils ce n’est pas ce que l’on a envie d’entendre, on veut du personnel, le personnel permet au moins de se sentir si pas compris, au moins écouté. Les « Je comprends », « Moi c’est pareil je… », « Ca va aller » et autres « C’est la même chose pour tout le monde » me font vomir. Les « Je reviens je dois faire ma popote », alors que je n’ai même pas fini ma première phrase, me sont pires que tout. Je ne demande pas grand-chose, mais je ne demande pas ça. Si vous ne savez pas ce que je demande c’est que vous n’êtes pas assez entiers pour mériter de faire partie de mes proches.
(Poulette, poulet, je ne disais pas ça pour vous bien entendu, vous je vous aime)
Et mes lecteurs. Aaaah mes lecteurs. La plupart sont formidables; la plupart, qui me suivent depuis le début, ont apparemment plus ou moins compris le concept de ce site. Mais celui qui arrive en clamant victorieusement que mon code est truffé d’erreurs, ou celui qui arrive en croyant y trouver de la littérature (au sens où on l’entend actuellement), celui-là, qu’il aille se faire foutre.
Qu’on ne vienne pas m’emmerder avec des erreurs de code; je n’ai jamais été une déesse de l’informatique, et je n’utilise l’html que sporadiquement depuis que ce site est ouvert, quant aux autres langages, ma connaissance se limite au français correct et à l’anglais de base. Que celui qui veut faire le malin en m’emmerdant avec mes erreurs de code, au lieu simplement de le dire, me propose des solutions. Pour les autres, ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir lire ou afficher mon site parce qu’ils ont choisi Mac ou un autre navigateur, qu’ils proposent une solution ou assument leur choix de « rebelle » puisqu’ils l’ont décidé ainsi; je ne peux pas satisfaire tout le monde et personnellement je ne nierai pas un système qui a fait son beurre rien que par le fait qu’il fonctionne plus ou moins parfaitement, de manière assez conviviale et qui me satisfait pleinement, même si moi non plus je ne suis pas friande de Microsoft dans le concept, s’il possède toutes les parts de marché et que c’est dégueulasse pour les autres; les autres n’avaient qu’à le devancer, ils seraient à sa place; ou alors ils n’avaient qu’à soulever une révolution, ils ne seraient pas « victimes » de ce système. Et c’est une simple réceptionniste au salaire misérable et aux connaissances informatiques basiques qui le dit, mais qui assume sa situation.
Pour ceux qui croient arriver ici en trouvant de la littérature, qu’ils repartent aussitôt. Le principal de la littérature actuelle est comme le reste de l’Art, elle a perdu tout son sens: elle n’est plus que signes (pour ceux qui ne comprennent pas le sens dans lequel j’emploie le mot « signe », qu’ils aillent lire Mythologies de Barthes). Et souvent, quand on décortique et enlève ces « signes », le reste est creux, que de la forme, point de fond. Il y a les signes de la provoc et il y a la provoc; il y a les signes de l’émotion et il y a l’émotion, etc. Pour moi, l’Art comme la littérature sont des moyens, non des buts. Je méprise la « littérature » dans son sens actuel comme les autres Arts définis pareillement. Vous voulez un exemple caricatural pour vous aiguiller? Prenez les mots « feu », « soleil », « ange », « coeur », « vie », « oiseau », « lumière », « blanc », « éther, éthéré », « fou »; mettez des verbes de type « briller » ou « luire » ou « rayonner », « frémir », « caresser », « brûler », « envoler » etc; ajoutez une ou deux prépositions, mixez le tout, accordez verbes et adjectifs, vous aurez certainement une splendide prose de la plus pure mièvrerie. Ca c’est sur les mots, mais il y a moyen de le faire sur le style; pour cela, lisez Marguerite Duras. Si j’ai quasiment arrêté de dessiner, c’est pour éviter de tomber dans les inévitables signes et la caricature facile: on demande incessamment à un artiste d’avoir un « style », et « d’évoluer dans les styles » (sinon on se lasse, il faut donc de préférence évoluer hyper rapidement) et mon gros problème par rapport à ça est que je n’en ai pas en particulier, j’aime toucher un peu à tout; si je voulais en vivre je devrais donc forcer le « style » pour qu’on appelle ça « de l’Art » (mais pas comme je l’entends) et ça ne me plaît pas. Je ne pense pas avoir non plus inséré un quelconque « style » général dans ce blog, mais continue et aime bloguer puisque je me fiche assez bien de la reconnaissance sociale dans ce domaine (je n’en ai pas fait mon diplôme après tout); ce blog est mien, personnel et divergent, chaotique et incohérent, ne possède aucune ligne de conduite à part celle que certains auront pu capter et qui en fait est simplement parallèle à la ligne éclatée de ma personne, un tout composé à peu près de n’importe quoi mais que j’estime en quelque sorte comme une richesse personnelle, à découvrir (pour ceux qui souhaitent la découvrir) dans l’entièreté de ce que je veux bien en montrer; en découvrir une seule partie et s’y arrêter serait ridicule.
Et si souvent je suis caricaturale dans mon comportement sur ce blog, il s’agit justement de ce fameux cynisme et de cette ironie volontaire que j’attache à mes narrations. Et si parfois vous croyez tomber sur des textes « littéraires », il s’agit simplement de caricature grossière de cette fameuse littérature que je méprise. Alors foutez-moi la paix; la littérature, la vraie à mon sens, est celle qui n’est pas composée de signes, mais est celle décrite dans sa vraie définition: celle qui est l’écriture dans son tout, provoquant une réaction, un plaisir (ou parfois déplaisir) de l’esprit, comme l’Art le fait dans sa vraie définition. Bien évidemment le plaisir est subjectif; et si votre plaisir à vous réside dans les signes de la littérature, foutez le camp immédiatement, allez vous masturber le cervelet ailleurs.
« J’écris comme je parle », mais même si ce type d’écriture n’est pas de la littérature pour vous, c’en est peut-être dans le sens ou je l’entends, pour moi et pour les autres, ceux qui apprécient ce site et à qui il fait plaisir de venir le lire chaque jour. J’aime ce que je fais ici et je le fais avec plaisir, et j’aime enfin suffisamment ce que je suis actuellement; ceux qui veulent me renvoyer une image différente n’ont pas leur place autour de moi. Ce qui n’apporte rien, mieux vaut le bazarder; il y a eu trop de contrariétés pour une si petite semaine.
princess klopobek