Je suis à un moment clé de mon évolution psychologique où je songe que, de toute manière, peu importe ce que je dis: tenter de sauver le monde ou même mes proches ou vous, humbles lecteurs, par des petites phrases que j’estime sensées et longuement pensées, ou par des petits moments de dérision ne sert à rien, mais relève de la simple habitude de vie et de la satisfaction de quelque besoin obscur personnel: quoi que je tente d’exprimer, ce monde n’écoute que ce qu’il veut bien, et, même s’il avait un tant soit peu ralenti un instant pour écouter, il continue de tourner en rond de la même manière par la suite, que ce soit dans un sens ou dans l’autre.
Donc je me dis: crotte, l’extérieur n’a qu’à continuer à remuer dans son caca sans essayer d’en sortir: il aime ça en fait, et il en sortira bien tout seul quand il sera prêt, et moi je continue ma petite évolution personnelle de mon côté, continuant à penser mais ne partageant plus autant puisque la demande n’est que superficielle. Que l’on ne voie pas là une blessure dans l’orgueil de mes ambitions -loin de là, mais juste un peu de philosophie fataliste et d’envie de s’occuper de soi (ce que je ne dis pas, c’est que j’ai découvert également il y a peu les joies du jardinage alors que je croyais que c’était profondément chiant). Les milliers lecteurs ci-présents sont de toute manière déjà sauvés puisqu’ils me lisent quotidiennement et c’est déjà pas si mal; qu’ils soient bénis dans leurs convictions. Ce qui inclut non pas que je souhaite arrêter de bloguer bien évidemment (arrrrrh impossible), mais ce rythme-ci me convient tout à fait, en fait: j’ai atteint un blog de croisière et je n’en suis pas peu fière. Je continuerai donc de venir assez régulièrement rappeler vos âmes à des pensées salvatrices.
Le lent désintérêt du monde est-il une évolution ou un début de sénilité précoce? Je n’en sais rien; mais l’intérêt me ralentit souvent. Sur ce je retourne à mes boutures.











