Il m?arrive parfois, de plus en plus souvent même, cette impression en tête qui me porte à imaginer que, chacun prônant son “individualité” (”ne pas trop se laisser envahir par les problèmes des autres”; sic) sera de plus en plus engoncé dans le poids de ses petits ou gros tracas quotidiens, ne fût ?ce qu?en y pensant et en les retournant dans sa tête, ou en les narrant, y dépensant tant d?énergie qu?il n?en aura quasiment plus non seulement pour les résoudre, mais aussi pour partager ceux des autres.
Seul le partage du poids de ses ennuis lui importera alors; mais à ça, il n?arrivera bientôt plus non plus, sauf face à de rares oreilles peut-être encore trop bonasses qui croient encore à un partage mutuel utopique. Bien entendu un exorcisme du cerveau par la parole est nécessaire, mais dans cette situation, aucun “individualiste” (terme à prendre selon le sens que le peuple commun lui donne et non selon le sens originel), à force, ne trouvera plus aucun réconfort à travers l?oreille de ses semblables puisque tout le monde appliquera cet “individualisme”: car, à part de trop rares exceptions, aucun, tout également égocentriquement tourné sur lui-même qu?il est, n?aura plus cette énergie pour réconforter ou écouter l?autre, l?ayant dépensée à ne penser qu’à ses propres problèmes qui sont si important puisqu’ils prennent tant de place dans sa tête.
Plus aucune énergie partagée, l?”individualisme” à outrance n’étant en fait qu’égocentrisme pur (pour rappel, je n’ai qu’un adage: l’excès nuit en tout). Pour en revenir à moi et à mon petit tracas du moment (qui se pose encore la question de l’inutilité du blog?), J?ai souvent l?impression de n?être face aux mots des autres qu?une oreille simplement attentive, avec une bouche depuis longtemps partiellement muselée par cette impression d’inutilité dans l’expression de mes petits ennuis personnels, et j’ai (malheureusement?) appris à en faire un équilibre. Une bouche sans écoute en face n’est rien, et nous devenons des engrenages isolés aux dents usées.











