Si les débuts de cette année n’étaient qu’un vague arôme de ce qu’elle sera, ça promet. Je reviens d’un voyage de neuf heures dans la Terre du Milieu, j’y ai visité une bonne partie des sites intéressants à voir: Gondor, Arnor, Moria, Lorien, Fangorn, Rohan et j’en passe, puis surtout Mordor, la région la plus chaude (il me reste maintenant à visiter les recoins en lisant le guide touristique en trois volumes). Moi qui suis incapable de lire une simple carte de ma région, me voilà en plus à entrer pendant neuf heures dans la vie d’autres gens, qui n’existent même pas, et j’en viendrais, comme me dit Cramoisi, à préférer entrer dans une vie fictive plutôt qu’une vie réelle.
Evidemment ceux qui désireraient vraiment trouver à redire pourraient le faire, comme certains soi-disant chroniqueurs d’un journal que je ne citerai pas et que l’on m’a fait lire, libre à eux et je n’ai que ma pitié à leur offrir, pauvres séniles désabusés qui n’agissent que sous l’effet de la simple contradiction, c’est tellement « tendance ». Mais même pour moi, qui avoue un malin plaisir à chercher les critiques de toute production américaine ou française, force est de constater que les infimes défauts ne passent qu’aisément les barrières de l’oubli sous la grandeur du film; je ne m’en rappelle plus du reste. Tout y est, du plus grand décor au plus petit détail étudié, un casting impeccable qui fait qu’on ne peut plus imaginer les personnages sous un autre visage (Elijah Wood, que j’avais remarqué dans Ice Storm, y est passé au-delà d’une simple confirmation; de plus on a du mal à imaginer que Gollum ou les Ent ne soient faits que de pixels,), et je n’ai regardé que deux fois à l’heure: une fois en sortant de chez moi à 20h18, enfilant mes vêtements au-dessus de mon pyjama, et une autre à l’entrée du cinéma à 20h29. Les batailles sont loin d’être longues, des images magnifiques pour les rythmer, et s’il y avait eu trois tomes de plus ce n’eût pas été de refus (les fins à répétition ne furent que réjouissance en plus, « Chouette c’est pas encore fini »). Tout y est, excepté deux des trois ingrédients habituels des films hollywoodiens, ce qui l’ennoblit encore davantage (sex, money, action – biffer les mentions inutiles et tant pis pour les enflammés des fesses et du portefeuille).
Juste un petit doute que j’aimerais voir confirmé: j’ai cru déceler à certains moments l’une ou l’autre référence farceuse à d’autres films: Retour vers le futur (évidente), et peut-être aussi les Goonies (Sean Astin est là mais c’est plutôt la silhouette d’un personnage rappelant Cinoque qui m’a interpellée – avec un peu d’imagination), ainsi que Braveheart.
Un conseil: si vous y allez, ne coupez pas votre voyage en trois parties comme il est prévu au départ, on s’imprègne davantage de l’esprit du pays (j’avais vu les deux premiers mais sans le troisième ce n’est décidément pas pareil) et, comme je le disais plus haut, on ne peut pas s’ennuyer. Je crois que je ne suis jamais sortie d’un cinéma en ayant pleuré pendant une moitié de film (de 3 heures) et 20 minutes par la suite: d’habitude j’arrive à me sécher avant, ici mes vêtements étaient trempés; les concepteurs de salles de cinéma devraient d’ailleurs adapter des cabines individuelles à la pudeur des émotions des spectateurs, ça coupe. J’ai même renoncé à porter réclamation pour la piètre qualité de l’image (à 7,20? la séance, c’est dire).
Allez le voir.

princess klopobek

