Quand j’entends parler de ce couple qui, pour ne pas avoir prévenu la gendarmerie de l’état d’ivresse de leur ami sur la route alors qu’ils avaient tout fait pour le retenir (la femme du couple est quand même paralysée des jambes à cause d’un accident donc c’est sûr, elle ignore tout de la chose), et dont le résultat est de 5 morts dont l’ami en question, ce couple qui est inculpé et risque 5 ans de prison ainsi que 75000? d’amende; quand je pense qu’ils ont déjà, je le pense, à assumer intérieurement toute cette culpabilité; quand je pense aux procès de plus en plus nombreux de gens cherchant absolument à personnifier leur malheur, que ce soit dans une histoire de procès à un médecin (un gars qui ne reste malgré tout qu’un misérable être humain face aux milliards de bactéries et de maladies qui nous entourent - ceci est à lire tout en nuance bien entendu) ou que-sais-je, je finirais presque par me dire que, bâh, finalement le catholicisme c’était pas si mal: “c’était juste la faute au bon dieu”, ou c’était la faute à la personne qui se trouve dans la douleur, responsable (et non déresponsabilisée) de son propre malheur puisqu’elle avait sûrement péché, qui n’avait qu’à s’en prendre qu’à elle-même.
Mais bon, le monde me désespère mais quand même pas à ce point, et je me dis tout simplement que, peut-être, c’est la faute à la société et aux mentalités paradoxales et schizoïdes qu’elle autoentretient (l’alcool rompt les barrières en société mais démerdez-vous pour rentrer chez vous; Docteur je vous aime quand je suis à l’agonie mais vous déteste s’il m’en reste un furoncle). Donc je me dis qu’on ne s’attaque pas à la bonne personne, qu’il faudrait plutôt s’en prendre aux grands éléments anonymes, impersonnels et inconsistants de ce monde qui nous bouffent et nous stressent et font que nous n’arrivons plus à être cohérents avec nous-mêmes; et qu’à force de se tromper ainsi parce qu’il nous semble, chacun seul contre le reste, de plus en plus inutile et impossible de s’attaquer à ces éléments impalpables, on pourrait finir par s’autodétruire les uns les autres, en face à face, par dépit.
Piouf c’est chouette j’ai quand même réussi une phrase de 21 lignes.











