J’illustre ici mon texte sur la post-synchro par cet exemple flagrant.
Post-synchro
Mardi 1 Avril 2003, 0:27Mais qu’est ce que c’est que cet engouement subit, effréné et quasiment compulsif pour les versions originales?
Je conçois dans certains cas que des choses peuvent en ressortir, et même que pour certains films la V.O. peut être carrément indispensable, notamment les films d’auteur ou certains films au jeu d’acteurs très fin (ou les Monty Pythons, pour leur jeu, leur texte, leur absurdité, leur… enfin tout quoi). Mais les puristes sont des emmerdeurs, dans quelque domaine que ce soit - ces crétins de “chocolatologues” qui crachent sur les amateurs de chocolat kinder ou de chocolat blanc, me sortent par tous les trous de nez. De toute manière le chocolat à 99% est dégueu et immangeable.
Tout n’est-il donc pas relatif? Les versions doublées sont parfois tout à fait décentes; les traducteurs font souvent pas mal d’efforts; les doubleurs, s’ils sont bien choisis (c’est-à-dire s’ils tiennent vraiment leur vocation d’acteur) peuvent être très bons; et il peut même ressortir de nouvelles choses d’un texte traduit si le traducteur est doté d’un peu de créativité, choses tout aussi valables que celles du texte original, même si se décalant parfois de celui-ci (notamment pour les jeux de mots). Le français est une langue suffisamment riche pour être exploitée à juste titre non?
Personnellement, le fait de voir “Titanic” ou “Independance Day” en français n’a rien changé à ce que j’en pense: j’aurais certainement trouvé ces productions tout aussi nulles en anglais. Quant à “Adieu ma concubine”, sans le moindre sous-titre, ce film ne m’aurait réellement rien apporté. De plus le jeu d’acteurs de certains pays est parfois difficile à apprécier pour les Occidentaux, le sentiment pouvant y être exprimé autrement à cause d’une simple différence culturelle (qui n’est certes pas sans intérêt à observer mais qui peut nuire à la compréhension).
Ce fanatisme systématique pour la V.O. serait-il simplement une façon ostentatoire d’afficher son bilinguisme pour contrecarrer le manque certain des générations précédentes? Il y a dix ou quinze ans la toute grande majorité de la population française se targuait de ne parler que le français, toute autre langue ne faisant pas partie des programmes de cours, et cette majorité avait l’air de s’en applaudir (pour contrecarrer les critiques sans doute?).
Maintenant j’ai l’impression d’assister à l’effet réactif inverse. L’attitude est exactement la même, c’est juste la position qui a changé pour l’autre extrême, on affiche de manière détournée sa monumentale connaissance d’une langue étrangère alors qu’on n’est même pas capable d’aligner deux mots de français.
Aujourd’hui on se vante d’être “nul”; le mot “intellectuel” est devenu une insulte; mais dès qu’une personne connaît les bribes d’un domaine, elle focalise toute sa valeur sur cette connaissance (qui n’est parfois que de surface en plus), adoptant une attitude quasiment faschiste vis-à-vis des autres attitudes, comme par désespoir - pour cacher un vide laissé par le manque de toute autre valeur de sa propre personne?. Merde, les vertus humaines se trouvent dans d’autres choses que dans l’incongruité d’un purisme prétentieux et déplacé. Le sens des vertus est, une fois de plus, complètement détourné.
princess klopobek











