Sous la suave clarté de mon frigidaire
Rayonnant de sa tendre roseur [marbrée
Ce joli blanc de poulet m’attend, [téméraire
Ignorant des aventures que je lui [promets.
Fringant, pimpant, il espérait sans se [soucier
Entre un pot de condiment et du lait [caillé
Que de mes si menues menottes je [l’agrippe
Pour, du frigo, briser son complexe [d’Oedipe.
Ni une, ni deux, je le sors de cette [trame
Et d’un geste je le débite de ma lame
Finement aiguisée. Il ne peut résister
A mon subtil saignoir; ca y est, il est [tranché.
Décuplé en morceaux, il parait [imposant
Mais rien ne m’effraie, je le saisis [puissamment
C’est ainsi, tout tailladé, désossé, [navrant
Qu’il échoue dans un superbe bol [d’argent.
Poudré d’ocre, sans un mot il est là, [attend
La demi-heure passer, les enfers [chauffant.
Enfin! Il sait. Quelques poivrons à [ses côtés
Lui relatent leur déglacage vinaigré.
Sans prévenir je jette l’impatient dans [les flammes
Et le fais fristouiller, rissoler, croustiller.
Je lui donne ses doux poivrons pour [compagnie
Et l’arrose de crème épaisse à l’infini;
Ma foi, petit vin d’Alsace et riz basmati
Me feront l’intégrer sans le moindre [souci.
C’est comme cela que deux ou trois [jours plus tard
Ce petit poulet devint un caca bâtard.











